CDG

PAPY CHARLES EST-IL UN BON JUGE EN MATIÈRE D'ART ?

(avec les lycéennes du Lycée Charles de Gaulle, Dijon)

 
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© Claire Gondrexon et Marion Cadeau

Avec les lycéennes du lycée Charles de Gaulle, nous travaillerons autour de Charles de Gaulle, figure de la libération, figure présidentielle, héroïque, militaire et patriarcale, mais aussi porte-avion et tire-bouchon.
Nous partirions d’archives vidéos et sonores, tel ce discours de juin 1960, ce grand récit qui commence par « Il était une fois, un vieux pays, tout bardé d’habitudes et de circonspection ». Le général de Gaulle y joue au grand-père qui raconterait une fable à ses petites-filles en roulant les R pour les impressionner ou les endormir. Ce discours, serait peu à peu repris et détourné par une chorale de jeunes filles vers un futur théâtral fantasmé, merveilleux ou sordide.
Comme leur général, ces jeunes filles seraient en uniforme, elles porteraient la blouse. Comme lui elles auraient des cravates qui pendraient là où bon leur semble. Elles pourraient arborer la moustache et le képi, et se livrer à quelques danses ou pantomimes, reprenant par exemple La tactique du gendarme de Bourvil.
Si nous vivions en Gaulle, si Charles était notre papy et notre président - tous nos présidents - nous pourrions lui faire quelques lettres : Monsieur le président, cher papy, grand-père Charles, pépé, mon petit papou… pour lui demander de nous libérer. Libérer qui ? Libérer quoi ?
Après cette longue période de confinement qui nous empêche notamment de nous rassembler pour pratiquer notre art et le partager, il y aurait certainement à dire… sur la guerre par exemple, sur l’urgence, sur la peur, sur la surveillance.
Nous aurions mené quelques ateliers pour écrire ces lettres, qui seraient adressées à un immense Charles en carton. Aux épaules, grand-père Charles aurait peut-être des attaches parisiennes, nous pourrions lui faire lever les bras au ciel et dire « je vous ai compris ».
J’imagine que ces 15 jeunes filles (qui pourraient être des Vivian Girls d’Henry Darger) derrière leurs bureaux d’écolières rassemblés comme pour un banquet gaulois, pourraient faire le procès de Papy. Nous aurions listé nos griefs, du plus intime et insignifiant, au plus universel, nous pourrions tout lui reprocher, notre papy de carnaval comprendrait tout, et joyeusement il démissionnerait…  le reste est à inventer.

Créée au Théâtre Dijon Bourgogne, dans le cadre du festival INOVART, cette pièce pour douze lycéennes aurait dû être représentée en public en novembre 2020.

 

PRODUCTION

Conception, mise en scène Céline Champinot


Avec Laura Alberici, Sidonie Angonin, Elise Biboud, Louanne Bozic, Laure Crespin, Mira French, Constance Grosche, Solène Laverochere, Juliette Mouillebouche, Charlotte Poux, Amandine Schollaert, Kiara Wilhelm, élèves au lycée Charles de Gaulle de Dijon


Dramaturgie Adrienne Winling


Collaboration artistique Adrienne Winling, Catherine Gourdon


Scénographie Émilie Roy


Costumes Laurence Rossignol


Lumières Claire Gondrexon


Régie générale Géraud Breton


Administration Service production du TDB

Production Théâtre Dijon Bourgogne, CDN


Remerciements à Jean-Claude Meunier-Lariotte, David Tran, proviseurs ; Anne Sirvin, professeure de lettres modernes du lycée Charles de Gaulle